Ce jour là, je me rappelle que nous nous trouvions dans le parc de Torres Del Paine, hébergés dans la maison d'un des gardiens du Parc. La veille, nous avions laissé Leire à la gare de Bus, devant rentrer plus tôt à Mexico pour ne pas rater la rentrée de son séjour d'échange à l'école d'Architecture.

Ainsi ce 11 septembre, Margot, Guillaume et moi, après un court temps de marche, embarquâmes dans une camionnette. Il s'agissaient de militaires chiliens qui avaient bien voulu nous prendre en stop. Il devait être dans les 9-10 heures du matin lorsque les militaires essayèrent de nous expliquer ce qu'ils venaient d'entendre par leur poste radio.

Au départ nous ne savions pas comment prendre cette annonce, pour une blague ou une info ?! Et je dois dire que même si l'époque de Pinochet était bien passé, le fait d'être avec des militaires n'avait rien de rassurant. (rien à voir avec les 7 prêtres qui nous avaient pris en stop, il y a encore un mois)

Dans ma tête,  c'était irréel, le début d'un autre monde, tout pouvait arriver. Une tour venait d'être détruite, et il y avait des milliers de morts. Peu à peu, alors que nous traversions des paysages splendides d'étendue et de calme, nous apprenions de nouvelles infos plus folles les unes que les autres. Nous étions là, tous 3, dans un parc naturel. Très très loin des grandes cités de ce monde, très loin de ces cibles potentielles d'actes terroristes.

Tout pouvait arriver, le déclenchement d'une troisième guerre mondiale ? la fin d'un monde ? Malgré tout, il était impossible pour nous de penser que nos cadres de vie à la française puissent être concernés. Là, il s'agissait de New York, de plusieurs avions, du Pentagone, c'était tellement fort, tellement symbolique d'un monde qui ne nous touchait pas.

Au final, nous passâmes 3 jours dans ce parc, dans l'isolement de toutes informations, seuls au monde, juste assez de quoi faire décanter cette déferlante médiatique émise dans un mini-bus militaire. Je sais que c'est à Buenos Aires, que nous avons eu les infos les plus claires.  Avant cela,  dans notre retour de 6000km vers le Nord, le souvenir entre cela d'une vidéo d'explosion et de gens sautant des fenêtres, sur le téléviseur d'une station service ou d'une boulangerie.

Hugo